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Après la faillite de la Coopsem,
Oum El Bouaghi : Des fellahs réclament leurs dûs.
L'annulation des dettes des agriculteurs par les pouvoirs étatiques, anime beaucoup de discutions
et donne l'opportunité à des citoyens lésés dans leurs droits de lancer un appel insistant au président
de la république pour récupérer leurs biens. C'est le cas des fellahs de la région d'Aïn M'lila qui ont été
victimes de la plus ahurissante et la plus étouffante des escroqueries. Ces derniers ont frappé à toutes
les portes, alerté tout le monde sur leurs cas mais sans aucun résultat. L'histoire a commencé lorsque
la Coopsem, coopérative créée pour éviter l'importation de la pomme de terre et dont le siège était à
Chebaïta Mokhtar dans la wilaya de Tarf, a fait savoir aux fellahs qui lui ont livré leurs récoltes de
pomme de terre, qu'elle ne pouvait pas les payer. Pis, encore les responsables arguent le fait que
cette coopérative appartient aux fellahs et étant donné qu'elle a fait faillite, personne ne peut être payé.
Elle serait, selon eux, passée de bien public en bien privé dans le cadre de l'autonomie des entreprises.
Les fellahs pensaient que cette coopérative était étatique et ont remis 3 millions de centimes, comme
on leur a fait croire, pour garantir les semences. Cette somme a été mise en évidence en tant que
quote-part et une action sociale justifiant que les fellahs étaient propriétaires de cette coopérative.
Mais, les fellahs ne le savaient pas et ne comprenaient pas ce langage. Ils ont toujours en tête le fait
que la Coppsem appartenait à l'état. D'ailleurs et mis à part l'état et la ministère de l'agriculture,
personne ne peut penser un instant investir dans une coopérative pour éviter d'importer la pomme de
terre. Ayant patienté un peu, la plupart des fellahs ont intenté des actions en justice pour être payés et
ont gagné leurs procès. La justice a donné raison aux fellahs et a ordonné à la Coopsem de les payer,
ce qui prouve que cette coopérative n'était pas privée et n'appartenait pas aux fellahs puisque personne
ne peut intenter une action en justice contre lui-même et avoir gain de cause. Munis de jugements en
leur faveur, les fellahs n'ont pas pu être payés puisque le siège de la Coopsem a fermé ses portes et
tout le monde a disparu de la circulation. Tous les biens de la coopérative ont été entre-temps liquidés
pour payer la banque en premier lieu et les fellahs n'ont rien eu. Aujourd'hui, les victimes de ce piège
qui a réduit à la misère des centaines de familles, veulent comprendre pourquoi des commis d'état
essayent de leur jeter la poudre aux yeux et c'est en ce sens qu'ils essayent d'alerter les plus hautes
instances étatiques pour régler leurs cas.
Nasreddine Bakha
In L’EST
Républicain
Quotidien Indépendant. Algérie
26 Mars 2009. |