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 Poursuivi à Aïn M'lila pour offense au chef de l'état, Chérif Ouchène acquitté ... et interné.

21/10/2009

Poursuivi à Aïn M'lila pour offense au chef de l'état

                   Chérif Ouchène, acquitté … et interné.

Comparaissant, hier mardi 20 octobre 2009, devant le tribunal d'Aïn M'lila, pour offenses envers le président de la république, Ouchène Chérif a été jugé irresponsable de ses actes avec une levée totale de toute sanction pénale mais mise à la disposition d'un établissement spécialisé en psychiatrie pour suivre des traitements. C'est dans une salle pleine à craquer où d'autres affaires étaient jugées, qu'Ouchène Cherif s'est présenté après un premier report de l'affaire et sa mise en détention une semaine durant. Le mis en cause dans cette affaire a rappelons-le, écrit une lettre à destination du président de la république pour exprimer sa profonde amertume et son désespoir en utilisant des formules qui ont été jugées diffamatoires et portant atteinte au premier magistrat du pays. Cherif Ouchène est né en 1956 à Aïn Kercha. Il est marié et père de 5 enfants dont l'aîné est Massinissa âgé de 23 ans et puis suivent 4 filles poursuivant respectivement leurs études dans des établissements scolaires du primaire jusqu'au lycée. Ayant travaillé au sein de l'armée dans les services comptables pendant 8 années, il retrouve la vie active civile et choisit de travailler au niveau des galeries algériennes à Aïn M'lila. Les véritables problèmes commencent dès la dissolution de l'entreprise dans les années  90 et la vente de son patrimoine dans le cadre des procédures de privatisation engagées par le gouvernement de l'époque, puisque Cherif se retrouve au chômage forcé. Il engage en vain avec d'autres travailleurs qui se sont sentis lésés des procédures judicaires pour avoir des indemnités, bénéficier des ses droits de travailleur congédié et commencer une nouvelle vie. Devant la fermeture de toutes les portes d'accès à une issue de secours vitale pour entrevoir des horizons meilleurs, il part rejoindre le lot des travailleurs sans papiers en France et s'installe à Nice où il arrive à trouver des boulots qui lui ont permis de prendre en charge sa famille. Ayant souffert plus de 5 ans, Cherif retourne en 2003 dans sa ville natale Aïn Kercha dans la wilaya d'Oum El Bouaghi, où il loue un petit local et devient un écrivain public pour subvenir aux besoins de ses enfants. Maîtrisant le français et sollicités par les retraités de la région ayant travaillé à l'étranger, Chérif arrive à peine à subvenir à ses besoins familiaux. Sa situation était très difficile puisque si des clients ne se pointaient pas, ses enfants ne mangeaient pas leur faim. En plus de cela, il doit payer un loyer mensuel de 3.000 dinars à un privé puisque ses demandes insistantes  de logement social n'ont jamais été satisfaites. Se sentant victime d'une exclusion qui perdure et d'une hogra, il écrit en 2006 avec ses expressions de citoyen profondément mécontent, une première lettre au résident de la république. Il est convoqué et auditionné devant le parquet pour ses propos jugés démesurés puis remis en liberté sur avis d'une expertise médicale psychique. En cette année 2009 et ne se sentant pas satisfait dans ses doléances et dans ses tentatives de récupérer ses droits, il adresse une deuxième lettre perçue comme étant outrageante qui lui a valu d'être emprisonné et d'être jugé. Au cours du procès  du mardi 20 octobre 2009, le juge lui a rappelle qu'il avait auparavant été remis en liberté et qu'aujourd'hui, il récidive. Il lui signale que l'expertise psychique et psychiatrique qui a été menée récemment au cours de son emprisonnement par 2 spécialistes est catégorique et qu'il souffre d'un dédoublement de personnalité. Chérif a répondu que si quelqu'un demande ses droits ou crie à l'injustice ou à la  famine, il est automatiquement indexé de fou. Il a insisté sur le fait qu'il demande être déchu de sa nationalité algérienne et a lancé au juge qu'est-ce qui arrive si je persiste dans mon comportement, mon attitude et mes demandes ? Le juge lui a répondu: " de toutes les façons,  vous ne serez pas pénalement sanctionné car vous n'êtes pas responsable de vos actes.

                                                                             Nasreddine Bakha

In L'Est

Républicain

                                                                                Quotidien Indépendant. Algérie.

                                                                                         21 Octobre 2009

 

Tags : Nasreddine Bakha

Catégorie : Non spécifié
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